Le pôle métropolitain

 Sylvain Robert, président de la Communauté d'Agglomération de Lens-Liévin, Alain Wacheux, président d'Artois Comm., Michel Dagbert, président du Conseil Départemental du Pas-de-Calais, Jean-Pierre Corbisez, Président de la Communauté d'Agglomération d'Hénin-Carvin et

Constitué sous forme de syndicat mixte ouvert, le Pôle métropolitain de l’Artois regroupe la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin (CALL), la Communauté d’agglomération Hénin-Carvin (CAHC) et la Communauté d'agglomération de Béthune-Bruay , soit près de 600 000 habitants, ainsi que le département du Pas-de-Calais. Son objectif : promouvoir un modèle de développement durable et améliorer l’attractivité et la compétitivité de son territoire, en lien avec le Département, la Région, l’Etat et l’Europe.

Ce rapprochement, incité par le Conseil régional, promet des dotations financières plus importantes de la Région, de l’Etat et de l’Europe sur des projets communs. Ce projet de territoire vise à mutualiser les moyens et l’échange de savoir-faire, renforcer les relations entre les agglomérations en favorisant le travail collectif et fédérer l’ensemble des acteurs.

Il développe 3 axes :

  • Le passage de l’archipel noir à l’archipel vert, pour l’aménagement
  • La Métropole de la 3e Révolution industrielle, pour le développement économique et l’emploi
  • Pour et avec la population, pour la culture et la société

"Un nouvel espace de coopération, de réflexion, de revendications"

Voilà résumée en quelques mots la philosophie du Pôle Métropolitain, qui a officiellement vu le jour le 25 mars 2016.

La naissance de ce syndicat mixte a été actée par les quatre collectivités concernées au cours d’une réunion d’installation à la maison syndicale de Lens désignée à cette occasion comme siège du pôle. À l’ordre du jour de ce premier comité syndical l’élection de ses représentants. Verdict des urnes : Michel Dagbert, président du Conseil départemental du Pas-de-Calais, prend la présidence et pourra s’appuyer sur l’expertise de trois vice-présidents représentant géographiquement l’ensemble du territoire (Alain Wacheux, président de la CA Béthune-Bruay, Jean-Pierre Corbisez, Président de la CA d'Hénin-Carvin et Sylvain Robert, président de la CA de Lens-Liévin), en attendant l’élection d’un quatrième quand les statuts auront été modifiés).

Les élus ont rappelé que la vocation du pôle métropolitain de l’Artois n’était pas de constituer une “ supra-collectivité ”, mais bien de disposer d’un outil de réflexion et d’action -dont la gouvernance sera légère afin de permettre à un vaste territoire de 600 000 habitants (10 % de la population régionale) “ d’exister davantage dans la nouvelle grande Région, entre la métropole lilloise et le début de la Picardie. ”
S’il ne dispose pas de compétence ou de mission obligatoire, de grandes orientations ont toutefois été définies et seront affinées pour apporter des réponses pertinentes aux besoins du territoire. Recomposition urbaine, troisième révolution industrielle, aménagement durable, formation, mobilité, numérique, culture, transition énergétique... le pôle métropolitain interviendra ainsi à de multiples niveaux et constituera un point d’ancrage majeur en vue d’obtenir des financements publics sur ces différentes thématiques.

Interview d'Alain Wacheux

À quoi servira le pôle métropolitain de l’Artois ?

Alain Wacheux : L’idée est qu’à plusieurs, on fait mieux. Nos trois agglomérations partagent des objectifs communs. Le pôle métropolitain permet de nous grouper pour travailler ensemble, partager nos expériences, et bénéficier de financements supplémentaires du contrat de plan État-Région qui sont réservés aux pôles métropolitains. Ce n’est pas un « échelon supplémentaire », c’est un espace de rencontre et de coopération. Avec 600 000 habitants, nous représentons 10 % de la population de la nouvelle grande Région ; à nous de nous entendre, et de nous faire entendre !

Concrètement quelle forme va-t-il prendre ?

A. W. : Le pôle est un nouvel espace commun de réflexion et de coordination. Il est le lieu où se construit un projet de territoire qui nous concerne ensemble. C’est un syndicat mixte : une structure au fonctionnement léger et à la gestion souple, un peu comme une association. Les communautés d’agglomération conservent leurs compétences et mèneront leurs propres actions.

Sur quels projets le pôle métropolitain de l’Artois va-t-il focaliser son attention?

A. W. : La troisième révolution industrielle, l’aménagement de nos villes, l’attractivité et la promotion de nos territoires et, enfin, le développement culturel et sociétal de nos territoires constituent les raisons d’être du pôle métropolitain de l’Artois. Très concrètement, il s’agit par exemple de mettre en place de nouvelles filières de production, de stockage et d’économie d’énergie, de transformer l’archipel minier en archipel vert, de coordonner nos politiques touristiques, de parler d’une seule voix aux communautés hospitalières ou universitaires, de mettre en cohérence l’offre de transports et de défendre ensemble la desserte TGV de nos villes… Autant de sujets qui nous rassemblent et qui vont dans le bon sens : celui du développement de nos agglomérations.

Pourquoi le créer aujourd’hui ?

A. W. : Le dossier n’est pas nouveau, mais le processus s’est accéléré en 2015. Nous avons appris, au début de l’été dernier, que des fonds territoriaux du contrat de plan État-Région seraient réservés aux ensembles métropolitains créés au plus tard au 15 décembre 2015. Il nous a donc fallu créer officiellement le pôle avant cette date butoir afin de pouvoir bénéficier de ces crédits, dont il aurait été dommage de se passer. Nous parlons quand même ici de 90 millions d’euros !